Pourquoi j’ai voulu aller m’immerger dans de l’eau gelée.

Un ami ayant réalisé ce « voyage » l’an passé m’a donné envie de tester.
N’aimant pas vraiment les vérités absolues du genre « tout est blanc ou tout est noir » et ayant une prédominance de pensée vis-à-vis du froid qui dirait que c’est mauvais pour le corps humain, j’ai voulu tenter l’expérience.

Je voulais connaitre aussi l’avis du formateur sur le froid appliqué sur les entorses ou le froid dans la nourriture et les boissons. J’y reviendrai plus tard.

Comme je le dis souvent: « on ne vit qu’une fois à la fois ». Il me parait donc primordial de tenter les expériences qui s’offrent à nous, quand on en a l’occasion.
Je remercie au passage mon épouse qui me laisse une grande liberté quant à mes stages, formations et expériences diverses.

La « méthode Wim Hof » qui a été sujet de plusieurs expériences scientifiques semble également être une méthode qui augmente les capacités du corps humain (et de son esprit) et donc qui a une influence certaine sur la santé de celui qui la pratique. Mon métier étant d’aider les gens à retrouver les fonctionnalités optimum de leur être, cette méthode piquait ma curiosité. Si je pouvais en ramener un petit bout dans mon cabinet pour aider les gens à aller mieux, ce serait « tout bénéfice » !

Comment ça s’est passé.

Sans rentrer dans une énumération détaillée de toutes les activités réalisées, ce qui prendrait des plombes, voici comment ça s’est passé.

Le premier jour, au soir, pendant une balade post-souper dans les bois, Jérome, le formateur nous demanda d’enlever notre veste, nos pulls et t-shirts et il nous guida dans notre respiration.


Quand vous voyez votre souffle qui fait des nuages dans le froid de l’air, c’est un très joli contraste. C’est ainsi que l’on continua notre balade dans les bois, dans le froid sans pour autant en sentir les effets désagréables ni trembler.
Une chouette première étape.

Le lendemain, levés pour être au dojo à 7h où on a commencé par du yoga et des méthodes respiratoires.


Ensuite ils nous a dit « allez chercher vos maillots et essuies et on se retrouve près du petit étang en contre-bas du chalet »

LE moment était arrivé.
Se retrouver dans le froid de l’air, ça va. Mais ensuite vient le premier pas à faire dans l’eau. Puis s’asseoir dedans et enfin se coucher avec juste la tête qui dépasse.
Pendant les premières secondes, mon souffle était saccadé et allait dans tous les sens. Jérome, avec sa voix chaleureuse et lente, me demanda d’inspirer puis de bloquer ma respiration. Après quelques secondes, il me demanda d’expirer puis de refaire ce cycle. Après 3 cycles de respiration contrôlée, celle-ci devint naturelle et un sentiment assez étrange de bien être et de satisfaction m’envahit. Pendant mon immersion, mes mains souffraient fortement du froid. Puis, après ce que mes camarades estiment à une cinquantaine de secondes, je suis ressorti.
Je dois bien avouer qu’après le choc de l’entrée dans l’eau, la peur du début qui s’est estompée au fur et à mesure commençait à repointer doucement le bout de son nez en fin d’immersion, mais différente et moins intense.

En dehors de l’eau glacée il faisait « bon » à l’extérieur. Je n’ai pas du me hâter de m’essuyer et de m’habiller. C’était « cool ».
Les quelques minutes qui ont suivi était empreintes de sérénité, d’auto-satisfaction, de connexion avec la nature et avec les camarades qui venaient de passer à travers cette expérience. Une sensation que je ne suis pas prêt d’oublier.

Il n’y a que 10 minutes après être rhabillé que mon corps a eu quelques minutes de tremblements. Processus normal de régulation.

Après un bon petit déjeuner, direction la montagne où on a pu se faire une bonne grosse randonnée, torse-nu, dans un blizzard bien « sympathique ».

La tête des gens ou des groupes scolaires que l’on croisait, bien emmitouflés dans des couches d’habits, était assez cocasse !
Après midi piscine et sauna.

Le lendemain, en vrac : 20km dans la neige, 1200m de dénivelé positif, bains dans l’eau glacée de 2 lacs Vosgiens.
Le seul bémol étant que ces deux lacs avaient des couches de glace puis d’eau puis de glace, ce qui rendait le creusage des trous et l’immersion totale impossible.


Après être sorti du bain du 2ème lac, je n’ai pu retenir mon émotion en remerciant mon ami qui m’a permis de découvrir ce stage si exceptionnel.

Au bout des 20km, pour rejoindre les voitures, on s’est amusés à descendre une piste de ski sur nos fesses (en pèpète-ski comme on dit à la mutu). Une bonne bande de vieux adolescents un peu fou-fous. Souvenir énorme !
Cette descente parait anodine mais c’est à ce moment là qu’on se rend compte que la joie, la liberté d’esprit, l’enthousiasme, l’humour et la bonne humeur sont autant de composants qui garantissent une bonne santé. Parfois, les plus grandes leçons se trouvent dans les plus « petits » événements.

Le dernier jour, après yoga et exercices respiratoires, on replongeait une dernière fois dans l’étang du chalet.
L’immersion était beaucoup plus aisée et mes mains et doigts de pieds n’étaient déjà plus incommodés par le froid comme au premier jour. J’y suis resté, selon mon binôme, pendant 3 minutes 15. A la fin, je me sentais vraiment bien et ai commencé à me retourner dans l’eau pour m’y mouvoir avec plaisir.

Tout au long du stage, les « hugs » faisaient partie du processus. Le matin, le soir, après des « épreuves », ou quand on en ressentait l’envie.
Mes premiers « hugs », je dois bien l’avouer, étaient « simples » et j’aurais pu m’en passer. Mais au fur et à mesure de l’expérience, ils étaient emplis d’amour. Pas d’amour individuel mais d’un amour universel et qui était partagé par mes camarades. De la sincérité à l’état brut.
Je ne peux que remercier mes camarades pour leur sincérité et leur amour.

Le stage se finissait en beauté.

Ce que ça m’a apporté l’immersion dans l’eau gelée.

Une re-connexion avec moi-même, de façon profonde.
Un partage avec des gens plus exceptionnels les uns que les autres. Merci à eux.
Une envie de prendre un peu mieux soin de moi.
Une « relativité », une distance vis-à-vis des stress ou difficultés que l’on peut rencontrer dans la vie courante.
Un amour de la Vie encore grandi, aussi courte ou longue soit-elle !

« La glace c’est pour les morts »

Plusieurs de mes patients que j’ai bassinés avec la phrase « la glace, c’est pour les morts » m’ont interpellés vis-à-vis de cette expérience.
« Hé ! Christophe, tu nous dis que la glace c’est pour les morts puis tu plonges dedans. Tu ne te foutrais pas de nous? »

Il y a 2 situations où j’explique que le froid est néfaste:

1. Sur des blessures ou des problèmes structurels liés à des usures ou des blessures.

Lorsqu’il y a une entorse par exemple, il faut que les vaisseaux sanguins apportent des éléments de réparations et évacuent des éléments résultant du travail de réparation, les déchets.
Si on applique de la glace,  les vaisseaux sanguins se contractent et donc, autant les éléments de réparations que les déchets ne peuvent plus circuler de façon aisée vers et à partir de la blessure. Il s’en suit alors un dépôt de déchets dans la blessure qui lui conférera plus tard, un caractère chronique et une sensibilité plus forte avec un risque de récidive plus accru.

2. Dans l’alimentation.

La sphère digestive, pour bien fonctionner,  a besoin de chaleur. Avant ou lors des repas, la remplir de liquides ou d’aliments froids ne fait que casser le feu digestif et ralentit la bonne transformation des aliments. Certaines personnes pourront témoigner que lorsqu’elles ingurgitent des boissons glacées, elles foncent au toilettes pour évacuer immédiatement des selles pas formées. Le travail de transformation et d’assimilation de la nourriture ne peut donc pas se faire.
Eviter les boissons froides et, au contraire, privilégier les boissons chaudes quelques temps après le repas, permet au système digestif de retrouver une meilleure efficacité.

Alors, bon ou pas?

En fait, si on donne un petit coup de froid au corps (en extérieur, pas en alimentation), celui-ci va automatiquement vouloir le combattre et ramènera du chaud dans ce but. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on devient rouge après avoir été exposé à du froid. Le corps ouvre les vaisseaux pour re-générer du chaud dans les endroits refroidis.
Si on veut vraiment mettre du froid sur une entorse, alors 2-3 minutes sont largement suffisants pour provoquer une réaction.
En médecine chinoise, on préférera y faire des massages, y appliquer des complexes de plantes ou encore y faire une saignée.

Pour ce qui est de l’alimentation, je bannirais le froid dans tous les cas chez les gens qui ont des problèmes digestifs.

Je suis très content d’avoir pu en discuter avec Jérome, notre formateur, qui partage cette vision des choses.

Conclusion

Je ne peux que conseiller ce stage.
Une (re-)découverte de soi.
Gratitude.

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